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Empreinte carbone du train : le train est-il vraiment un bon choix pour le climat ?

Mobilités

Temps de lecture : 5 minutes

Publié le : 24/04/2026

À retenir

  • Le train est l’un des moyens de transport les moins carbonés, surtout sur les trajets longue distance.

  • En France, son faible impact carbone s'explique en grande partie par l'utilisation d'une électricité peu carbonée, produite principalement par les centrales nucléaires et les énergies renouvelables.

  • Tous les trains n’ont pas le même impact carbone : un train régional roulant au diesel a une empreinte carbone nettement plus lourde qu’un TGV alimenté par le réseau électrique.

  • Le calcul de l’empreinte carbone du train ne se limite pas à la prise en compte de l’électricité consommée pendant un trajet : il inclut aussi la fabrication et l’entretien du matériel.

  • En France, la production d’électricité est relativement peu carbonée, ce qui n’est pas forcément le cas chez tous nos voisins européens. Cela peut modifier le calcul de l’empreinte carbone si vous voyagez dans d’autres pays d’Europe.

Un week-end à organiser, un déplacement professionnel, une visite à des proches. Au moment de réserver, la même question revient : prendre le train… ou la voiture ? Pour les plus longues distances, l’avion s’invite parfois dans l’équation.

Au-delà du prix ou du temps de trajet, un autre critère compte de plus en plus : l’impact carbone de nos déplacements. Nos choix de transport ne sont pas neutres pour le climat. Pour mieux comprendre l’impact de chaque mode de transport, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’empreinte carbone des transports.

Et sur ce point, le train a une image bien installée : celle d’un mode de transport bon pour le climat. Mais est-elle toujours justifiée ? Tous les trains ont-ils vraiment le même impact ? Pourquoi en France, l’empreinte carbone du train est-elle si faible ?

Dans cet article, on fait le point sur l’empreinte carbone du train, les écarts selon les types de trajets, et ce que cela change concrètement au moment de choisir.

Empreinte carbone du train : quel est son impact réel sur le climat ?

Toutes les activités humaines émettent des gaz à effet de serre : les transports, l’alimentation, les logements, la consommation de produits et de services, ainsi que la production industrielle. En 2024 en France, notre empreinte carbone moyenne est de 8,2 tonnes de CO₂e par personne (1). Le secteur du transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre en France : il représente un tiers des émissions françaises (2).

Dans ce contexte, l’empreinte carbone des différents modes de transport devient un critère de choix de plus en plus important.

Prenons un exemple.

Pour effectuer un trajet entre Paris et Nice, vous pouvez utiliser plusieurs moyens de transport, avec des écarts très importants en termes d’émissions de CO₂ par personne :

Description détaillée de l'infographie ci-dessus

Interface de comparaison des émissions de CO₂ pour un trajet entre Paris et Nice, issue de l’outil Impact CO₂ (ADEME). Le trajet est défini entre Paris et Nice, avec une distance d’environ 686 à 975 km selon les modes de transport. Les résultats sont affichés en kilogrammes de CO₂ équivalent par personne.

Résultats par mode de transport :

  • TGV : 975 km, environ 2,86 kg de CO₂e par personne
  • Intercités : 975 km, environ 8,76 kg de CO₂e
  • Autocar thermique : 933 km, environ 35,1 kg de CO₂e
  • Covoiturage électrique (3 passagers) : 933 km, environ 48,3 kg de CO₂e
  • Voiture électrique (1 passager) : 933 km, environ 96,5 kg de CO₂e
  • Covoiturage thermique (1 passager) : 933 km, environ 102 kg de CO₂e
  • Avion court courrier : 686 km, environ 154 kg de CO₂e
  • Moto thermique : 933 km, environ 202 kg de CO₂e
  • Voiture thermique (1 passager) : 933 km, environ 203 kg de CO₂e

Une barre horizontale accompagne chaque mode de transport pour visualiser le niveau relatif d’émissions. Une légende indique que les émissions peuvent être décomposées entre usage et construction du véhicule.

Concrètement, un trajet entre Paris et Nice génère :

  • TGV : environ 3 kg de CO₂,
  • Voiture électrique (1 passager) : autour de 96 kg de CO₂,
  • Voiture thermique (1 passager) : plus de 200 kg de CO₂,
  • Avion : plus de 150 kg de CO₂.

Pour un même trajet, la voiture émet ainsi environ 30 fois plus de CO₂ que le TGV, et l’avion près de 50 fois plus.

Pourquoi l’empreinte carbone du train est-elle si faible ?

Le train fait partie des modes de transport les plus sobres en carbone. Cet avantage repose sur plusieurs facteurs.

Le train consomme moins d’énergie par passager qu’une voiture ou un avion. Cela s’explique à la fois par sa capacité à transporter beaucoup de voyageurs et par son efficacité énergétique.

Une énergie répartie entre de nombreux passagers

Un train peut transporter plusieurs centaines de passagers en même temps. L’énergie nécessaire pour avancer est donc répartie entre tous les voyageurs.

Résultat : les émissions de carbone par personne sont faibles.

À l’inverse, une voiture transporte en moyenne autour de 2,25 personnes (3) sur les trajets longue distance, et de nombreuses voitures roulent encore à l’essence ou au diesel, des carburants fortement émetteurs de gaz à effet de serre. 

Un avion, même s’il transporte beaucoup de passagers, consomme beaucoup de carburant, en particulier au décollage et sur les trajets courts. Son empreinte carbone par passager sera donc plus lourde que celle du train.

Rapporté à chaque passager, le train consomme généralement beaucoup moins d’énergie que les autres moyens de transport.

Une bonne efficacité énergétique

Le train est aussi un mode de transport efficace sur le plan énergétique. Il consomme moins d’énergie par passager qu’une voiture ou un avion, notamment grâce à une faible résistance au roulement entre les roues et les rails.

Une électricité peu carbonée en France

En France, la plupart des trains fonctionnent à l’électricité. Or cette électricité est en grande partie produite à partir de sources peu émettrices de CO₂, comme le nucléaire et les énergies renouvelables.

Description détaillée de l'infographie ci-dessus

Consommation française d’énergie primaire par énergie en 2024 Total 2 575 TWh

41 % Nucléaire 28 % Produits pétroliers 12 % Gaz naturels 8 % Biomasse et déchets 6 % Autres (géothermie, solaire, éolien…) 3 % Hydraulique 2 % Charbon

Consommation mondiale d’énergie primaire par énergie en 2022 Total 172 821 TWh

30 % Produits pétroliers 28 % Charbon 23 % Gaz naturel 9 % Biomasse et déchets 5 % Nucléaire 3 % Hydraulique 3 % Autres (géothermie, solaire, éolien…) Source : Extrait de Chiffres clés de l’énergie - Édition 2025, CGDD/SDES

Concrètement, cela signifie que faire rouler un train en France génère peu d’émissions de gaz à effet de serre. Cela s’explique notamment par le mix énergétique français, largement décarboné par rapport à celui d’autres pays.

Ce point est important : dans d’autres pays où l’électricité est davantage produite à partir de charbon ou de gaz, le train peut être plus émetteur qu’en France.

Un impact qui ne se limite pas à l’usage

Il faut aussi garder en tête que l’empreinte carbone d’un train ne se limite pas à l’énergie utilisée durant le trajet. Une partie des émissions provient aussi de la fabrication et de la maintenance.

Prenons un autre exemple :

Description détaillée de l'infographie ci-dessus

Infographie comparant l’origine des émissions d’un trajet en TGV et en voiture électrique.

Pour un TGV, l’empreinte carbone est de 2,93 g CO₂e par km et par passager :

  • 22 % proviennent de la fabrication,
  • 78 % de l’usage.

Pour une voiture électrique, l’empreinte carbone est de 103 g CO₂e par km et par passager :

  • 81 % proviennent de la fabrication,
  • 19 % de l’usage.

Données issues d’Impact CO₂ Transport, basées sur la Base Empreinte® de l’ADEME.

Le poids de ces différentes étapes varie selon les modes de transport. Pour une voiture électrique, une grande partie des émissions provient de sa fabrication, notamment celle de la batterie. Pour le train, les émissions sont plus réparties, avec une part liée à la fabrication des rames et des infrastructures.

Même lorsqu’un train roule à l’électricité, cela ne signifie pas que son empreinte carbone est nulle. Pour évaluer son impact, on prend en compte l’ensemble de son cycle de vie. Cela inclut :

  • la fabrication des trains,
  • la production et l’acheminement de l’énergie,
  • leur entretien,
  • leur fin de vie,
  • et, selon les études, les infrastructures (rails, gares)

C’est ce qu’on appelle une analyse de cycle de vie, ou ACV (4)

Empreinte carbone du train : quelles différences entre TGV et TER, en réalité ?

En France, tous les trains n’ont pas le même impact carbone. Mais la différence ne tient pas seulement au type de train, TGV ou TER. Elle dépend surtout des lignes sur lesquelles ils circulent, et notamment de leur électrification.

Environ 60 % des lignes ferroviaires sont électrifiées. Sur ces lignes, les trains roulent à l’électricité. Sur les 40 % restantes, ils fonctionnent au diesel.

Pris isolément, ce chiffre peut surprendre. Mais il ne dit pas tout.

En réalité, la majorité des voyageurs circulent sur les lignes électrifiées : elles concentrent environ 85 % du trafic voyageur, contre 15 % seulement pour les lignes non électrifiées (5)

Le train est-il toujours le meilleur choix pour le climat ?

En France, le train reste aujourd’hui l’un des moyens de transport les moins émetteurs de CO₂ pour se déplacer sur de longues distances, en particulier sur les lignes électrifiées.

Pour les petites distances, les solutions de mobilités actives (marche, vélo…) sont d’excellentes solutions à la fois pour le climat mais aussi pour votre santé. En effet, il est recommandé de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique par jour. Pour aller plus loin, découvrez notre article sur les mobilités douces et actives, ou explorez celui sur les mobilités décarbonatées et leurs effets sur la santé.

D’autres solutions sont également en développement, comme les trains hybrides, à batterie ou à hydrogène, ainsi que des systèmes permettant d’optimiser la consommation d’énergie. À l’échelle européenne, le secteur vise ainsi une réduction d’environ 50 % de ses émissions d’ici 2030, avec un objectif de quasi neutralité carbone à l’horizon 2050 (6).

En tant que citoyen, cela signifie une chose simple : choisir le train aujourd’hui, c’est déjà réduire fortement ses émissions de gaz à effet de serre. Un levier concret parmi d’autres, pour se rapprocher, à son échelle, de l’objectif collectif des 2 tonnes de CO₂ par personne d’ici 2050.

Et vous, vos trajets pèsent combien dans votre empreinte carbone ?

Les transports ne sont qu’une partie de l’équation. Faites le test avec notre calculateur d’empreinte carbone Nos Gestes Climat pour le découvrir.

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FAQ

⇒ Le train pollue-t-il vraiment ? Oui, mais beaucoup moins que la plupart des autres modes de transport. Son impact ne se limite pas à l’énergie utilisée pendant le trajet : il inclut aussi la fabrication des trains et, selon les cas, les infrastructures.

⇒ Le train est-il plus écologique que la voiture thermique ? Oui. Même en covoiturage, la voiture reste généralement plus émettrice, surtout sur les longues distances où l’écart avec le train devient très important.

⇒ Le train est-il plus écologique qu’une voiture électrique ? Dans la plupart des cas, oui. Mais l’écart dépend beaucoup du nombre de passagers dans la voiture. Par exemple, sur un trajet comme Paris-Marseille :

  • en TGV, les émissions sont d’environ 2 kg de CO₂ par personne,
  • en voiture électrique, elles sont d’environ 10 kg de CO₂ par personne si le véhicule est occupé par 4 passagers. Le train reste plus sobre, mais l’écart se réduit fortement quand la voiture est bien remplie. Côté budget, la différence peut aussi varier selon les situations : une voiture électrique partagée à plusieurs peut parfois revenir moins cher qu’un billet de train.

⇒ Le train est-il plus écologique que l’avion ? Oui, très largement. Sur un trajet comme Paris-Marseille, le train peut émettre plusieurs dizaines de fois moins de CO₂ que l’avion.

⇒ Pourquoi le train est-il peu émetteur en France ? Parce qu’il fonctionne majoritairement à l’électricité, et que cette électricité est peu carbonée en France. Cela réduit fortement les émissions liées à l’usage du train.

Pour aller plus loin

Envie de prolonger le voyage sans alourdir son empreinte carbone ? Pour préparer des vacances plus sobres, choisir une destination accessible sans avion ou repérer d’autres façons de bouger au quotidien, l’ADEME et M ta Terre proposent plusieurs ressources utiles :

Sources :

  1. Empreinte carbone de la France - Données 2024.
  2. Le transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre de la France.
  3. Une voiture transporte en moyenne autour de 2,25 personnes sur les trajets.
  4. ACV attributionnelle d'un trajet en train sur 100 km, étude ADEME, mai 2025.
  5. La majorité des voyageurs circulent sur les lignes électrifiées : elles concentrent environ 85 % du trafic voyageur, contre 15 % seulement pour les lignes non électrifiées.
  6. “Digitalisation et décarbonation du transport ferroviaire” - volet trains légers, ADEME, 2022.

Crédit images : @Patrick Fabre/Ademe, Impact CO₂, CGDD/SDES, Nos Gestes Climat

Portrait de Myriam Blal

Myriam,

Myriam est journaliste de métier, passionnée par les mots justes et les idées claires. Elle s’attache à écrire des textes accessibles, qui parlent à tout le monde, sans jargon. Elle contribue au blog de Nos Gestes Climat en tant que rédactrice depuis 2025.